L’agriculture face aux défis climatiques : l’urgence extrême contre la pauvreté
Khessatv.net : Face aux défis du changement climatique et de la déforestation, de plus en plus d’agriculteurs se tournent vers les cultures forestières durables. Ibrahima Kourouma, lui, s’est spécialisé dans ce domaine. Parmi les essences qu’il cultive : le mélina, le fromager et le teck. Cet agriculteur nous explique comment il prépare le sol pour accueillir ces jeunes plants. << La matière organique est essentielle. On ne travaille pas le sol au hasard, mais en fonction de ses besoins. Avant toute chose, il faut étudier le sol, comprendre ses caractéristiques : son humidité, sa texture, et sa structure. C’est pour cela que nous faisons une préparation du sol soignée>>, dit-il. Le mélina, par exemple, nécessite un arrosage régulier, surtout en saison sèche. Pour répondre à ce besoin, Ibrahima puise l’eau directement dans le lac à l’aide d’une motopompe. 《Après cette étape, nous faisons les trous de plantation. Une fois les plants mis en terre, nous passons à l’arrosage. Grâce à un système de tuyauterie raccordée, nous pouvons irriguer régulièrement. La fréquence d’arrosage dépend surtout de la température ambiante. Par exemple, lorsque la chaleur est intense, il nous arrive d’arroser deux fois par jour pour éviter le dessèchement》, rajoute le jeune. Les conditions climatiques impactent négativement la récolte deplore les agriculteurs. Les températures élevées affectent parfois la qualité et la productivité du sol, rendant la tâche plus difficile. 《Le principal problème ici, c’est le stress hydrique. Les fortes températures ralentissent la croissance et le développement des plants, mais elles appauvrissent aussi le sol. En effet, il existe deux types de porosité du sol :La microporosité, qui favorise l’infiltration de l’eau, la macroporosité, qui assure une bonne aération. Si l’une est défaillante, cela limite fortement la santé du sol et des plants》. Sa pépinière s’inscrit pleinement dans un projet de reboisement local. Dès le mois de juillet, elle pourrait être mise à la disposition de la communauté, pour encourager la plantation à plus grande échelle. 《Cette pépinière de Bangoua s’étend sur 5 000 m². Elle est entièrement financée par un donateur et accueille des plants exotiques comme le mélina, ainsi que quelques essences locales. Elle a été installée il y a trois mois, et d’ici 45 jours, soit aux alentours du 15 juillet, nous espérons pouvoir distribuer les plants à la communauté, dans le cadre du programme de reboisement》..¿ Le succès d’une plantation de mélina, de teck ou de fromager dépend avant tout d’une bonne préparation du sol et d’un arrosage adapté aux besoins spécifiques de chaque espèce. Un travail exigeant, mais essentiel pour bâtir les forêts de demain.Mariama Fodé Camara et Alhassane Diallo

